Akendewa était représenté à la cérémonie d’attérissement du câble en fibre optique ACE en Côte d’Ivoire.

Atterrissement du câble ACE en Côte d’Ivoire
L’une des technologies les plus récentes en matière de câble haut débit à fibre optique, est en Côte d’Ivoire. Ce n’est plus un projet, le câble sous-marin ACE (Africa Coast to Europe) a bien atterrit sur les plages ivoiriennes, portant ainsi à deux le nombre de connexions sous-marine haut débit, à partir d’Abidjan. Une avancée qui devrait instaurer une connectivité Internet encore plus stable, plus rapide et pas cher
La Côte d’Ivoire et Internet

Internet sous l'eau
Jusqu’à présent la Côte d’Ivoire est reliée au « réseau des réseaux » par deux voies essentielles. A savoir la voie satellitaire et le câble sous-marin SAT-3/WASC. Cependant, la réalité sur le terrain montre que le satellite est incapable d’accompagner les utilisateurs, de plus en plus nécessiteux et exigeants en haut débit Internet, à la maison, au bureau ou à l’école. Cette réalité, traduite par la fourniture de débits faibles à des coûts relativement élevés, emmène les fournisseurs locaux à reléguer le satellite comme roue de secours, en cas de pannes sur le câble SAT-3/WASC qui est plus exploité en terre d’Eburnie. En fin de compte, c’est ce seul câble sous-marin qui permet à la Côte d’Ivoire de bénéficier du haut débit. Face aux défis accrus de la connectivité Internet, des projets ambitieux de déploiement et d’atterrissement de câbles sous-marins de fibres optiques supplémentaires ont été entamés dès le début de l’année 2008. Sur la côte ivoirienne, il est prévu entre autre, l’atterrissement du câble Glo-1 (9.800 km ; 2.5 Tbit), du câble Main One (14,000 km ; 1.28-Tbit) et du câble ACE. La fibre optique offrant une meilleure qualité de haut débit, il est facile de comprendre ce choix d’investissements de la part des gouvernements et des opérateurs régionaux. D’ailleurs, les projets futurs de connexion Internet via le satellite sont quasi inexistants et tendent à disparaitre, à cause sans aucun doute de leur coût plus élevés que la voie sous-marine. Cette situation explique par ailleurs pourquoi le prix de revient de l’accès Internet était fort élevé du côté client.
Le Cable ACE en question
Africa Coast to Europe (ACE) est un câble à fibre optique sous-marin destiné à acheminer la connexion haut débit sur la côte ouest africaine, de Penmarc’h en France (Bretagne), au Cap en Afrique du Sud, à des profondeurs avoisinant les 6000 mètres sous le niveau de la mer. Pour ce projet, 19 pays issus de 23 pays se sont réunis au sein d’un consortium et ont signé le samedi 5 Juin 2010 à Paris le contrat qui leur permet de construire en 20 mois de travaux, ce réseau de câble sous-marin intercontinental. Les points d’atterrissements désignés, ont déjà commencé à recevoir leur portion de câble. Ce fut le cas de la portion ivoirienne, le mois dernier.
Long de 17, 000 km ce câble de 4 à 5 centimètres de diamètre va connecter au total 24 pays sur son tronçon, et apporter pour la première fois, le haut débit international dans certains pays africains comme le Libéria, la Sierra Leone, la Guinée Equatoriale, la Mauritanie, en Gambie, en Guinée et à Sao Tome & Principe. Deux pays africains seront vont connaitre leur heure de gloire, malgré leur manque de façade maritime : il s’agit du Mali et du Niger. Ceci par le biais de réseaux terrestre de câbles en fibre optique, bénéficiant ainsi du même accroissement de la connectivité que les pays ayant un accès à la côte. La capacité du câble ACE, estimée à 5.12 Tbit, est la plus grande connue sur la côte occidentale du continent, à ce jour. De plus, ACE jouit d’un savoir faire utilisant la technologie la plus avancée en matière de câble à fibre optique développée par Alcatel-Lucent et mise en service par France Télécom-Orange. Il s’agit du WDM (Wavelength Division Multiplexing), multiplexage de longueurs d’ondes, qui a l’avantage de permettre l’augmentation de la capacité en fonction des besoins (upgrades) et des avancées technologiques sans avoir recours à une intervention sous-marine.

Les officiels ivoiriens et nigériens accueillant ACE en CIV
Quoi de neuf sous le soleil ?
ACE sera complémentaire des câbles existants SAT-3/WASC. Avec une capacité potentielle de 5,12 Tbps ACE va apporter une connectivité accrue et augmenter la capacité du réseau. Toutes choses qui permettront de réduire le coût final de l’abonnement et ainsi de répondre à la forte demande dans ces pays concernant le réseau internet et le réseau mobile. ACE promet également d’augmenter la fiabilité, la durabilité ainsi que la sécurisation du réseau. ACE va permettre pour les pays de la côte ouest de l’Afrique de réduire le coût de la bande passante internationale, ce qui aura pour effet de démocratiser le haut débit en Afrique et les services connexes. Ainsi la télémédecine, les services de vidéoconférences, le streaming audio vidéo, la connexion VPN, les Internet Data Center, les Call Center, Solutions ERP, la voix et la vidéo sur IP, la multidiffusion des fichiers, ainsi que d’autres services de données. Désormais, les opérateurs vont payer moins cher l’accès à la bande passante internationale, ce qui aura pour conséquence directe de baisser le cout de revient de la facture d’Internet et du téléphone auprès du client. Bien entendu, si les opérateurs acceptent de démocratiser Internet, en ne cherchant pas à tirer de gros bénéfices sur leurs investissements. Le pari sera-til tenu ?
Pour réaliser un tel projet de câble haut débit à fibre optique, le consortium ACE a dû débourser l’équivalent de 700 millions de dollars américains, en vue d’émuler le développement social et la croissance économique en Afrique en réduisant la fracture numérique. Presque tous les travaux d’atterrissement du câble ont été achevés le mois dernier au Sénégal, au Libéria, en Gambie en Mauritanie, …
Atterrissement du câble ACE en Côte d’Ivoire
La phase d’atterrissement du câble sous-marin en Côte d’Ivoire constitue un événement important pour le pays. Toutefois, il ne signifie pas son aboutissement, qui interviendra au deuxième semestre 2012 (Juillet 2012), une fois le câble mis en service et opérationnel. Pour accomplir cet ambitieux projet, France Télécom S.A, accompagné de ses filiales Côte d’Ivoire Telecom, Orange Cameroun, Orange Guinée, Orange Mali, Orange Niger et Sonatel, s’est entouré de partenaires majeurs au sein du consortium ACE. C’est encore une fois Côte d’Ivoire Télécom qui va se charger de commercialiser ce câble en Côte d’Ivoire.
Manassé DEHE